L’enfer des promotions

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L’enfer des promotions
Photo by bram naus / Unsplash

Vous commencez à me connaitre, j’aime bien râler sur la publicité. Utilisant un bloqueur de pub’ depuis moult temps, j’avais retrouvé une certaine sérénité sur les internet.

Parce que bon, des pubs par pack de douze sur chaque site, on frôle le harcèlement. Je préfère me priver d'une information plutôt que de subir ça.

Mais ce n’était qu’une question de temps avant que les administrateurs trouvent un stratagème pour attirer l’attention du chaland. Le potentiel manque à gagner était bien trop important.

Et que, malgré les années passées, les sites offrant un contenu gratuit ont toujours de la difficulté à trouver un modèle d’affaires fiable.


Je lis beaucoup d’articles d’actualités sur les journaux en ligne. Afin d’éviter de me connecter sur chacun des sites, j’utilisais principalement l’agrégateur de "news" : Google Actualités.
Avec une interface simple, découpé en catégorie, tout est fait pour que l'on puisse trouver son contenu le plus aisément possible. Cependant, si je vous écris, ce n'est pas pour vanter cette solution. Google a commencé sa "merdificiation" (oui, un terme existe) ou simplement, une dégradation de l’expérience utilisateur pour mettre en avant la monétisation.

Une image vaut mieux que mille mots, ci-joint, une vision de l’enfer du bullshito-capitalisme moderne.

Bon, je n’ai pas besoin de détailler, ceci est l’état de n’importe quel agrégateur de nouvelles chaque matin (voir quasiment toute la journée).

Nous serions un peu naïfs de croire que cela ne touche qu’eux, cela fait depuis bien longtemps que la monétisation s’est métastasée. Avez-vous essayé d’utiliser YouTube sans aucun bloqueur de publicité ?

C’est encore bien pire. Des publicités omniprésentes qui vous donnent envie de vomir.

Au passage, le ciblage publicitaire est toujours exceptionnel.

Même si le titre de cet article est un peu vicieux (les mauvaises langues diraient putaclic), je vous exprime mon grand désarroi qu’internet est redevenu (il l’a toujours été dans une moindre mesure) le repaire des personnes en manque d'argent.

Presque tous les sites essayent de vous vendre des choses.

Attention à ne pas tomber dans l’excès, certains blogues font la promotion d’article qu’ils ont jugé bon, tout en gardant une ligne éditoriale. Je pense principalement à minimachines.net qui continue à me faire découvrir du beau matériel.

Cependant, je trouve qu’ils restent marginaux quand tout le reste nous submerge de contenus de faibles qualités. Écrit par l’IA ou non, cela reste une poubelle journalistique.


Connaissez-vous la théorie de l’internet mort ?

Un peu plus présente depuis la montée de l’IA, elle est apparue moult fois dans mon feed d'actualités. Pour faire simple, c'est une affirmation ou une remarque sur le fait que le web n’est peuplé que de bots (au sens large), que son contenu n’est généré que par des algorithmes et que les interactions entre humains sont rares.

Vu de loin, on pourrait penser à du complotisme. En effet, il suffit de regarder des vidéos courtes sur TikTok ou Shorts ou toute autre invention merveilleuse pour comprendre que «l’human slop » n’a pas attendu d’algorithmes particuliers pour enfoncer l'humanité. Par ailleurs, je vous passe les origines de la théorie avec le côté «Les élites nous contrôlent», c'est vue et revue.

Mais avec l’avènement de l’IA et sa surexposition/utilisation, le point de bascule est en train de se faire.

Il y a un temps, nous avions du publireportage; un journal accepte de partager des articles (souvent écrit par l'annonceur ou l’entreprise intermédiaire de publicité) faisant la promotion de services contre une rémunération. Pour simplifier, on donne de son image (pour rester poli) et cela finance le site en question.

Je vous laisse imaginer le petit problème de moral et de logique.

La poubelle journalistique
Un exemple d'un site journaliste que je déteste

D’un côté, un journal montre que certaines marques de téléphones ont une politique foireuse. Et de l’autre, ils font un article de promo’ sur un produit de la même marque avec un lien affilié.

On peut supposer que les équipes qui gèrent le côté publicité (car à la fin, c'est tout ce que c'est) sont décolorées des journalistes, et c’est surement vrai pour une partie des rédactions. Ils pourraient donc garder une sorte d'honnêteté … cependanttttttttttttt, la réalité du flouze est tout autre.
Écrire un article pour critiquer le produit d’une marque va potentiellement vous prévenir d’une future collaboration avec celle-ci. Exit de recevoir des prêts produits, des goodies ou les campagnes de publicité.

Pour contrebalancer le bon vouloir des marques, il a été beaucoup plus facile de partager des articles sur une énième promotion d'un article d'une «Marketplace » tout en intégrant un joli lien affilié, dans le but d’alléger le portefeuille des manants.

Chercher les méchants
En bonus, des titres aguicheurs digne d'un film de pr0n

Je reste pessimiste, car, à défaut d’être une solution qui a pu fonctionner (il faut juste esquiver les articles), elle s’est ensuite métamorphosée en zombie errant.

Désormais, on accumule des articles promotionnels et de la publicité. Et si le vomi ne nous suffisait pas, on ajoute un titre racoleur : « Ce site s’est ruiné pour vous proposer ce téléphone incroyable » ou encore « La technique de flemmard pour gagner 300€ sur cet Iphone ».

 « Les personnes ne lisent plus les journaux », no shit.
Extrait d’un publi-article de qualité.

Et malgré l’entrainement pour résister, cela attise la curiosité. Une vieille promotion de 55% sur un article qui était déjà 50% plus chère que le prix courant.

Mais est-ce qu’on ne me prendrait pas pour une vache à lait ? Hum.

Pour comprendre pourquoi nous sommes en enfer rendu aussi bas, le modèle économique d'un journal n’a plus jamais été très stable depuis l'internet. De manière simple, il existe deux choix : faire payer les gens pour accéder aux articles ou bien se financer par la publicité.

Je n'ai aucune statistique sur le nombre d'abonnées des différents journaux, mais tout me laisse penser que, si la qualité des articles suit, les lecteurs acceptent de payer une dime, et le journal se retrouve financé. Dans le cas contraire, ils utilisent la publicité.
Ce n'est pas parce qu’ils utilisent de la publicité que c'est le mal incarné, loin de là, c'est plutôt la manière de le faire.

Je suis moi même le premier à me plaindre du nombre d’abonnements qui existent, cela devient vite cher de devoir posséder plusieurs forfaits pour lire des journaux. Certains services comme lapresselibre.info essayent de les proposer à des prix raisonnables pour accéder à un lot de presses de qualité.

Loin d’être la norme; l’information de qualité sera accessible aux plus grands nombres, et pourra peut-être, forcer une élévation du niveau.

Je suis naïf et de bonnes intentions. Nous avons désormais des articles générés par IA, de la publicité, des vidéos moisis et j’en passe. On vire l'humain (et son humanité au passage) pour essayer de générer encore plus de trafics et d'argent.

Comment un site journalistique sérieux peut-il rivaliser avec une usine à «articles » écrits en trente secondes ? À quoi bon payer quand l’information est gratuite, accessible rapidement et ne demande pas plus de deux neurones ?

L'IA n’est pas intrinsèquement mauvaise (c’est un sujet complexe), mais il faut distinguer de ceux qui la manipulent pour gagner de l'argent, diffuser des messages de propagande, ou tout autre usage malveillant.

Nous avons une IA qui rédige du contenu et qui sera partagée par des bots pour créer un semblant de popularité. On l’a peut-être déjà, notre internet mort.


Pour terminer sur une note plus heureuse, je me suis mis à utiliser un lecteur RSS. J’y ai ajouté moi-même les flux provenant des sites que je souhaite.

Inoreader en service web gratuit ou FreshRSS à installer sur son serveur pour les aventureux. Ce sont seulement deux outils que je vous conseille, mais il en existe beaucoup d’autres afin de vous aider à retrouver une certaine sérénité.
Essayez toujours de mélanger un peu les sources d'information afin d'avoir plusieurs points de vue, même si elles diffèrent du vôtre (éviter quand même les médias des milliardaires sans âme). Cela forge l'esprit critique.

Enfin, ils arriveront peut-être au point où ils tueront le RSS. Si c’est le cas, ils auront au moins réussi une chose : me faire acheter un journal papier.