Un soucis de motivation
Voilà huit mois sans aucun écrit. Honnêtement, je pensais que j'arriverais enfin à avoir un semblant de rythme pour écrire. Sauf que voilà, rien n'a été publié depuis belle lurette.
Il y a un tas de posts (ce ne sont pas encore des projets devs avortés) où j'ai pu rédiger quelques prémisses qui ont fini par être laissées de coter.
Pour commencer les choses, on est présent, mais pour les finir, c'est un autre problème !
Et, donc, je me suis posé la question suivante :
Comment se motiver à écrire quelque chose après une journée de travail ?
Je passe mes journées à écrire du code et optionnellement à me battre (pas au sens littéral du terme) pour faire avancer des projets. Du code, du code, des tableurs et encore plus de code. Cela ne me procure pas une vive passion et un fort intérêt. Ensuite, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas excité à l'idée de toucher à un CRM ou un ERP.
Mais, est-ce que je dois me forcer à écrire avec des temps réservés ? Ou attendre simplement que l'envie (d'écrire, hein, bande de pervers) revienne ?
Il est simple de deviner la voie empruntée, par flemmardise, on en convient.
Est-ce que le petit moi que j'étais aurait deviné/aimé la voie emprunté aujourd'hui ?
Comme toujours, des questions, des regrets, mais que très peu de réponses.
Si je continue mon métier de développeur, c'est que quelque part j'apprécie ce que je fais. Il n'a pas forcément d’intérêt de décrire maintenant le métier, en revanche l'idée de créer un logiciel en étant libre de la manière de l'implémenter est très satisfaisante.
Actuellement, je suis dans une situation qu'on peut qualifier de "confortable" par une partie de la population. Un logement en travaux, un moyen de déplacement et la possibilité de partir en vacances moult fois par année.
Mon travail a des horaires agréables, des jours de télétravail flexibles et une bonne ambiance entre collègues.
Cependant, je me revois encore durant les études à rêver d'un travail dans lequel je pourrais coder toute la journée et faire des choses que j'aime.
Le point positif : j'ai réussi à en avoir un mais pas l'autre.
L'ignorance de la réalité du travail pendant notre jeunesse peut être considérée comme une bénédiction.
Commençons par les activer. En fin de journée, quand je ne suis pas en train d'effectuer des travaux dans mon logement ou au sport, j'ai perdu l'envie d'allumer mon ordinateur fixe ou de regarder quelque chose sur l'écran.
J'ignore si c'est l'âge ou juste les envies qui évoluent, mais rester devant le PC toute une journée et le compléter avec une soirée entière ne m'enchante que peu.
C'est un peu le même cas que si j'étais devant une télévision, par exemple.
Je ne pense pas être le seul à être complètement rassasié de l'écran de manière général.
Il y a cependant quelques fois où je me motive, j'essaye de développer sur un projet en open source dans un autre langage tel que le Rust, principalement pour éviter de reproduire la sensation d'être au boulot.
Mais, l'envie est ce qu'elle est, la motivation est arrivée aussi vite qu'elle est repartie.
Quand tu passes une journée à travailler, tu n'as pas envie de remettre les couverts le soir ou le weekend.
Tenter d'apprendre des nouveautés en sus dans le même domaine que celui du travail est particulièrement éreintant. Cela donne l'impression de tout le temps faire la même chose.
J'ai beau essayer de me motiver, je lâche toujours au bout de quelques temps. Et, quand ce n'est pas la motivation, c'est un triste retour de la réalité. Comme passer des entretiens d'embauche et se faire refuser plusieurs fois.
Je ne perds pas forcément espoir, même si le moral prend un sacré coup, cela serait peut-être pour une prochaine fois ? Ce n'est pas comme si le marché du travail jonglait entre les probabilités désastreuses d'un algorithme et l'immense horde de personnes sans travail.
Alors, pour en revenir aux activités, j'occupe plutôt bien ma vie. Je jongle entre le sport, la rénovation (infinie, ceux qui savent… savent) de mon logement et les quelques rares sorties à côté. Quand une envie soudaine arrive; que je ne suis pas trop fatigué, je lance une partie de Cyberpunk ou de CIV (qui a tendance à finir bien trop tard, ONE MOAR TURN).
Mais, dès que je reprends le travail, c'est comme si tout le rare repos disparaissait. Étonnant quand même ? (Une question rhétorique, ne m'envoyez pas de message svp)
Si j'extrapole un peu, je ne sais que trop bien que mes activités sont nombreuses, et surtout épuisantes.
Le sport me fatigue, mais il me permet de me sentir bien, une personne en particulier dirait que je suis drogué, toutefois depuis que je n'utilise plus la montre, ma relation avec le sport est devenue beaucoup plus saine.
Quant aux jeux vidéo, ils me détendent et permettent de sortir un peu d'un mood métro-voiture/boulot/dodo.
Les travaux, quant à eux, sont une sorte d'auto-plaisir SM pour atteindre un idylle de logement.
Petit aparté : pas d'inquiétude, si jamais vous tentez les travaux, vous passerez tous par là. Auquel cas, vous pouvez nous (les bricolos) prendre pour des fous, car nous le sommes.
Que ce soit le sport, les sorties ou les jeux vidéo, ce sont des moments de temps personnel auxquels je prends plaisir et profite du moment.
Si le problème ne vient pas des activités, je me disais qu'il venait peut-être du fait d'écrire.
Même si j’apprécie l'exercice et qu'il me change des habitudes, écrire a toujours été compliqué pour moi. J'ai toujours eu un niveau exécrable en français, à tel point que j'ai longtemps eu des cours d'orthophoniste afin de régler des soucis de prononciation et d'orthographes.
J'ai appris à aimer écrire le jour où j'ai dû rédiger un « mémoire » pour finaliser ma dernière année d'études d'école informatique. Notez les guillemets, c'est une sorte de pseudo-résumé des activités passées.

Me voilà donc, ayant passé un bon moment à le rédiger; j'en garde toujours un bon souvenir. C'est en partie pourquoi j'écris sur ce blog.
Après l'introspection, je résume un peu ce que j'ai dit plus haut en quelques points :
- Un travail dénué d'intérêt et peu valorisant
- Une fatigue constante des écrans
- Une difficulté d'écrire en lien avec une non-motivation
Que de joies. Sic.
Pour essayer d'aller de l'avant, j'ai changé plusieurs choses dans mon style de vie.
J'ai fait une pause de jeux vidéo de plusieurs mois. Cela m'a permis de donner plus de temps à la lecture de livres, de BD et de mangas. Mine de rien, c'est un plaisir de se jeter corps et âme dans la lecture. J'abuse un peu, mais la sensation d'avoir un livre qu'on souhaite dévorer et de passer tout son temps à le lire est exceptionnelle. Si cela ne vous est pas arrivé, j'espère franchement que vous le trouverez.
J'adapte beaucoup plus mes journées de travail, j’ordonnance un peu plus le travail en le découpant en tâches faciles à effectuer. Un jour il faudra que je vous parle de la méthode Pomodoro.
J'ai essayé plusieurs fois de me remettre au piano, ou encore au dessin, du moins de tenter de faire des taches créatives, sachant que poser du carrelage ou choisir une peinture pour un mur ne sont pas créatifs (oui, oui).
Pour le moment ce sont des échecs mais je tente toujours.
J'ai tenté de mettre un peu plus de rigueur dans mon rythme de vie. Me coucher et me réveiller à des heures fixes. De mieux réguler les séances de sport et de remplacer des séances fortes par du sport plus doux comme du yoga. Cela m'a permis de mieux encadrer un peu mieux la fatigue.
Mais, le principal, c'est que j'essaie de ne plus trop me prendre la tête. J'ai passé beaucoup de temps à ressasser mon inaction et mon non-envie. Alors que bon, il n'y a rien de dramatique ?
La réalité est que pendant un petit moment la motivation revient dès qu'on change d'activité, puis elle redescend naturellement. Je ne pense pas qu'on puisse être à fond en permanence, la notion de "se cramer" n'est pas anodine.
Il y a également une information que j'ai apprise ces derniers temps, le coût mental.
Tout ce qui nous entoure est fait pour nous divertir et grappiller notre attention tel une sangsue à la vue de jambes gonflées (vous avez désormais une belle image en tête, ne me remerciez pas).
Dès que vous entendez une notification, voyez un message sur Teams ou qu'on vous coupe pendant une tâche. Le cerveau "switch" de contexte, vous perdez en concentration et la reprise de la tâche est encore plus dure.
Personnellement, j'essaye au maximum de mettre le téléphone en mode "Ne pas déranger" quand je travaille, de désactiver les notifications de message non prioritaires. Aucune notification des applications qui activent le vibreur/sonnerie. Je pars dorénavant du principe: si c'est urgent, on vous appelle.
Cela m'a détendu, moins de stress, moins d'obligation.
Ne vous laissez pas dicter votre vie par un travail, des notifications ou encore des contraintes imposées à soi-même. Moi-même ayant mis un peu d'ordre, j'arrive désormais à me sentir mieux et à retrouver la sainte motivation.
Je conclurai par le fait qu'une introspection est nécessaire, elle prend du temps. Je dois accepter de ne pas être bien et trouver une voie en essayant des choses pour aller de l'avant.
J'avance à mon rythme et je me promets de tenter de faire mieux.
Je conseille également un billet de blog de Ploum qui parle du souci des notifications.
Et une vidéo de Fabien Olicard sur la perte de temps du téléphone